Aujourd’hui encore, le paysage des Weppes est marqué par la présence de nombreuses traces de la Grande Guerre. Les abris bétonnés sont les témoins de la guerre de position sur le territoire. Venez découvrir l’histoire de leur construction, de leur fonctionnement et de leur évolution durant le conflit.
Contexte
Dans le territoire des Weppes, le Front va se stabiliser dès la fin 1914. Grâce au développement d’une guerre de position, les Allemands vont couvrir les communes d’Aubers et de Fromelles et une bonne partie des Weppes d’ouvrages fortifiés, leur permettant de conserver leurs points d’appui défensifs.
Pour le seul département du Nord, un document de 1931 parle de 6 000 blockhaus déblayés, qui devaient se situer sur les zones de front principales du territoire (autour de Cambrai et dans les Weppes). En 2019, le service régional de l’Inventaire général du Patrimoine culturel des Hauts-de-France, sur le seul territoire des Weppes, en dénombre près de 700 en 1960, contre un peu moins de 300 aujourd’hui. Avec les cimetières et les mémoriaux de la Grande Guerre, les abris bétonnés marquent le paysage mémoriel des Weppes.
Pourquoi une telle concentration d’abris bétonnés ?
Dès début 1915 les Allemands vont souhaiter consolider le Front des Weppes en construisant massivement des abris bétonnés, pour des raisons stratégiques (il faut consolider les positions défensives acquises), opérationnelle (il faut protéger la logistique à l’arrière sur la zone de Lille), ou encore tactique : il faut protéger les hommes et le matériel et les creusements en profondeur de tranchées n’est pas possible en raison du sol humide).
Pourquoi le béton ?
Le béton est un matériel relativement nouveau, mais particulièrement résistant notamment aux déflagrations causées par les obus.
Comment construit-on les abris bétonnés ?
Jusque 1916, les ouvrages sont construits avec des blocs de ciment préfabriqués.
Puis, les soldats allemands optent pour un béton coulé sur un système composé de ferrailles.
Ces fortifications nécessitent : des moyens humains considérables (notamment des prisonniers) pour le terrassement, coffrage, ferraillage, coulée de béton, décoffrage et finitions ; des matériaux (sable, ciment, ferrailles et cailloux) ; des moyens de locomotion (transport fluvial, ferroviaire), des réseaux électriques, et du temps (Plusieurs semaines à plusieurs mois) !
Des abris camouflés
L’armée allemande va fournir de réels efforts pour camoufler ces abris, de l’observation aérienne. Les abris sont cachés derrière des haies, dans des intérieurs de maisons, de fermes ou de bâtiments industriels. Ils ont des faux toits en paille ou en tuiles, etc.
Une exposition qui présente une vingtaine d’objets de collection ainsi que des modélisations en 3D de blockhaus du territoire. Les objets présentés portent :
- Sur les traces matérielles de la construction de ces abris : béton, sac de sable de l’époque, outils utilisés pour la construction des abris et la réalisation du béton armé ;
- Sur les différents types d’abris bétonnés du territoire et les objets qu’on pouvait y retrouver : dans les abris sanitaires, une trousse d’infirmier par exemple.
Une exposition assortie d’événements de programmation :
Samedi 6 juin / 16h : Conférence de Bertrand Lecomte « Les blockhaus de 14-18 sur le territoire métropolitain, des vestiges à (re)découvrir » : Dans le cadre de l'exposition temporaire du Musée, Bertrand Lecomte, professeur d'histoire et Président de l'association Allœu Terre de Batailles propose une conférence sur les abris bétonnés du secteur de la métropole et leur particularité. Dans cette conférence, Bertrand Lecomte donne les clés pour les comprendre. Il amorce aussi une réflexion sur leur intérêt historique et patrimonial et sur les menaces qui pèsent sur eux (destruction).
Durée : 1h
Samedi 13 juin / 14h30 : Visite guidée de l'abri bétonné de l'Abbiette : « Comprendre le blockhaus de l’Abbiette, une introduction à l’archéologie du bâti ».
Dans le cadre de l'exposition temporaire du Musée, Bertrand Lecomte, professeur d'histoire et Président de l'association Allœu Terre de Batailles propose une visite guidée de l'abri bétonné de l'Abbiette à Fromelles. Durant la visite, il analysera avec l’aide des participants la structure de l’ouvrage pour comprendre sa conception et son utilisation dans le contexte de la guerre de position. Il évoquera aussi son histoire depuis la fin de la Grande Guerre.
Commissariat scientifique :
Hélène Blanc, Conservatrice du Patrimoine, Directrice du Musée de la Bataille de Fromelles
Julien Dépret, du corps des ingénieurs en chefs hospitaliers, auteur de plusieurs livres sur les questions relatives aux systèmes défensifs construits le long des frontières terrestres et maritimes de la France et particulièrement des Hauts-de-France.
Philippe Diest, docteur en histoire contemporaine et enseignant-chercheur à l’Université Catholique de Lille (FLSH, laboratoire MUSE), responsable pédagogique du master "Patrimoines, musées et numérique" )
Bertrand Lecomte, Professeur agrégé d’Histoire-Géographie, Association L’A.T.B.14-18
Avec l’aide du Service Régional de l’Inventaire de la Région Hauts-de-France ; de l’association Fromelles Weppes Terre de Mémoire, de M Delebarre, de M Bailleul, de l’association Allœu Terre de Batailles 1914-1918
Entrée gratuite. Disponible en anglais et en français