Le portrait de Jacques Dupin
D'abord designer (très influencé des théories du Bauhaus), il ne commence à peindre qu'en 1946. Francis Bacon subit également l'influence des post-cubistes et néo-Cubistes, mais le Surréalisme apparaît comme une donnée culturelle essentielle, il le découvre lors de l'exposition surréaliste de Londres en 1936. Il est influencé par les recherches de sculpteurs tels qu'Henri Moore, Ben Nicolson et bien sûr par la peinture de Picasso, notamment en ce qui concerne la copie des grands maîtres tels que Velasquez et Rembrandt et l'attachement à certains grands thèmes invariants comme les crucifixions.
Nous sommes au sortir de la deuxième guerre mondiale et le trait commun des artistes de cette époque est une forme de « géométrie de la peur, du désespoir et du défi ». L'homme, l'artiste assume désormais des réalités terrifiantes et dramatise le quotidien lorsqu'il est redevenu supportable. Ce portrait est très particulier car c'est une œuvre de commande, mais Bacon impose au commanditaire (l'Etat français) d'exécuter le portrait de son ami Jacques Dupin, écrivain poète et auteur de textes critiques (notamment à propos de Giacometti, Miro et Tapies).
« J'espère peindre la bouche comme Monet peint un coucher de soleil, mais je n'y suis jamais arrivé, ou peut être comme une déchirure ou une béance, un trou, en tout cas comme de la couleur pure ». La palette de Bacon évoque la boucherie et la pourriture, et par-delà la vie et son corolaire la mort.
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