« Poteries vernissées du XVIIe au XIXe siècle » est le premier d’une série de quatre inventaires –expositions consacrés à la céramique qui couvrent les années 1986 et 1987. Comme pour la majeure partie des pièces liées aux arts décoratifs, la plupart des terres cuites vernissées conservées dans les musées du Nord de la France sont issues de collections privées et n’ont pas été le fruit d’une politique d’achat soutenue de la part des établissements. 

L’avant-propos du catalogue insiste sur la spécificité des terres cuites vernissées, aux confins de l’archéologie et des arts et traditions populaires, qui furent souvent produites par un artisanat familial ou local peu documenté. Beaucoup de pièces sont apparues suite à des fouilles archéologiques menées dans la région de Lille, à Douai, à Arras ou dans le lit de la Ternoise.

Pour tenter de tirer certains potiers de l’anonymat, les recherches se focalisent à l’époque sur le dépouillement des registres paroissiaux et de l’état civil mais aussi sur les archives notariales et le cadastre. Peu d’ouvrages existent sur la question et le travail mené par les commissaires s’appuie, avec prudence, sur les études conduites par quelques érudits du XIXe siècle, « fréquemment incité[s] à transformer des suppositions en certitudes » (p. 27). 

Le processus de fabrication des terres cuites vernissées repose sur l’extraction de terre à proximité du lieu de production. Après repos, la terre est débarrassée de ses impureté, malaxée à la main puis mise en forme (manuellement ou par tournage). Une fois la paroi interne enduite d’engobe (revêtement mince à base d'argile délayée), l’objet reçoit son décor. Après une première cuisson, les objets humectés sont saupoudrés de plomb broyé et tamisé dont la fusion, lors de la deuxième fournée, apporte le vernis définitif. L’intensité de cette deuxième cuisson conditionne l’aspect du produit fini. 

La production de poterie vernissée a presque totalement disparue à la fin du XIXe siècle face à la production croissante de métal émaillée. 

 Exposition présentée dans trois musées de la région Nord-Pas-de-Calais : 

  • Musée municipal d’Hazebrouck, du 4 octobre 1986 au 2 février 1987

  • Musée de l’Hospice comtesse à Lille, du 14 février au 25 mai 1987

  • Musée de Berck-sur-Mer, du 6 juin au 10 octobre 1987 

Réalisée avec l’aide financière de la Direction des Musées de France, du Conseil Régional du Nord – Pas de Calais ; des villes de Berck-sur-Mer, Hazebrouck et Lille

Commissariat : Simone Blazy, conservatrice du musée d’Hazebrouck et Georges Dilly, conservateur du musée de Berck