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L’atelier

Lucien SIMON (Paris, 1861 - Sainte-Marie-en-Combrit, 1945)
1922
Huile sur toile
H. 241 cm ; L. 300 cm
Inv. BA 254
Saint-Quentin
Tableau de L’atelier
Gérard Dufrère © Musée Antoine Lécuyer

Chez les artistes français, le traumatisme de la Grande Guerre ne laissa pas la même empreinte. A l'instar d'autres peintres, Lucien Simon offrit une vision délibérément positive de l'avenir du monde, en contrepoint de l'atmosphère pesante de l'après-guerre. La toile évoque le Montparnasse des années vingt et la célèbre Académie de la Grande Chaumière où Lucien Simon et Emile-René Ménard enseignaient ensemble . L'atelier connut un succès considérable lors de sa présentation à Paris en 1922. Largement reproduite et commentée dans la presse, l'œuvre fut même comparée à L'atelier du peintre de Gustave Courbet (1854-1855 – Paris, Musée d'Orsay).

Cette vue d'atelier est moins une scène prise sur le vif qu'une composition savamment calculée, réunissant différents genres de la peinture. C'est d'abord un portrait de groupe au centre duquel Emile-René Ménard, en manteau et gants sombres, est assis et commente l'étude d'un des nombreux élèves présents. S'y ajoute ensuite l' autoportrait : Lucien Simon s'est portraituré appuyé sur la rampe de l'escalier du fond, dominant la scène. Le modèle nu a également permis à l'artiste de peindre une Académie. Enfin, les objets déposés au premier plan sont le prétexte à une nature morte.

La construction de l'œuvre s'articule autour d'une diagonale qui divise la scène en deux parties.

Cette ligne suit l'étagère, en haut à droite, puis borde la rampe de l'escalier et la cuisse droite du modèle pour aboutir au sommet du dossier du fauteuil, en bas à gauche. Les artistes (le maître et ses élèves) sont ainsi regroupés dans l'angle inférieur. Au premier plan, la présence d'un peintre à l'ouvrage n'est pas sans rappeler les

Ménines de Velàzquez (1656 – Madrid, Musée du Prado) qui avait tant impressionné le jeune Lucien Simon. L'angle supérieur est, quant à lui, presque seulement occupé par un tableau achevé accroché au mur, peut-être un paysage d'Emile-René Ménard. Une ambiance intimiste est créée par la double source de lumière réduite, distribuée de chaque côté du fond de l'atelier. Utilisant habilement les couleurs, Lucien Simon a renforcé la construction de son œuvre par une gamme de tons réduite d'une grande sobriété générale et par une simplification nouvelle de la touche. Sans trancher avec la tonalité d'ensemble de la peinture, quelques taches colorées plus soutenues animent la composition : le vert émeraude du rideau, le jaune pâle de l'étoffe couvrant les jambes du modèle et l'ocre de la blouse du peintre de droite. La composition particulièrement structurée, le choix des couleurs et la touche témoignent du souhait de Lucien Simon de se démarquer du Salon de la Société nationale des Beaux-arts, où l'œuvre fut présentée et où la modernité des débuts avait fait place à un nouvel académisme. L'atelier marquait aussi une date importante de la vie de l'artiste : il quitta l'Académie de la Grande Chaumière en 1923 pour aller enseigner à l'Ecole des beaux-arts. Avec cette toile, il fixait donc à jamais les moments heureux vécus à Montparnasse.

D'après les textes fournis par la conservation
Avec le concours du service éducatif du chemin des Dames et de la caverne du Dragon

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